Question : "Comment sortir de la détresse psychique ? Vers qui me tourner ?"

Fabienne Cautru, psychologue clinicienne à la Maternité Cochin-Port Royal à Paris, nous expliquait dans le précédent post pourquoi les mamans ayant subi une prééclampsie peuvent ressentir une intense souffrance les mois qui suivent l’accouchement. Aujourd’hui, nous poursuivons l’échange pour encourager ces mamans à s’autoriser à sortir du silence et à demander de l’aide pour préserver leur santé mentale et l’équilibre conjugal et familial.

L’accouchement traumatique laisse des traces, passer cette expérience sous silence risque d’amplifier le problème. Malheureusement, aujourd’hui les mamans ont encore très peu de place pour s’exprimer, en particulier lorsque l’entourage leur rappelle à quel point elles ont de la chance d’avoir un bébé en bonne santé ou d’être en vie, et qu’il faut tourner la page. Mais ne pas parler, revient à nier la légitimité de la souffrance ou la souffrance elle-même. Il faut en sortir absolument.

Dans ces moments difficiles, des symptômes divers peuvent apparaître comme des flash-backs incessants, des malaises, des étourdissements, des sensations d’étouffement, du stress, de l’anxiété, etc. Des exercices de relaxation, de sophrologie, des pratiques sportives douces, voire l’écriture, peuvent aider au quotidien. En parallèle, les mamans doivent s’autoriser à ouvrir le dialogue, à parler de leur ressenti. Elles ont avant tout besoin d’écoute et de reconnaissance.

"Il n’y a pas de bon moment pour parler, ça peut être différent pour chaque maman, il faut s’écouter." Si les mamans ressentent des répercussions fortes dans leur vie courante ou professionnelle, cela peut être un signe d’altération de leur santé mentale et un motif pour accepter de demander de l’aide. Car la santé mentale qui est un état de bien-être et d’équilibre entre les différents aspects de sa vie (physique, mental, spirituel et émotionnel) est une composante essentielle de la santé dans sa globalité.

"Les mamans peuvent se confier auprès de proches bienveillants (même si ce n’est pas évident pour eux non plus…) mais aussi, et c’est souvent nécessaire, auprès de professionnels de santé de confiance. Ce professionnel peut être un psychologue ou psychiatre, mais pas forcément, il peut aussi être médecin généraliste, pédiatre, sage-femme, professionnel(le) de la PMI... Il faut avant tout que ce soit quelqu’un avec qui vous vous sentez écoutée sans être jugée, qui connaisse les enjeux d’une telle situation et qui ne banalisera pas la situation.

Il peut être d’ailleurs difficile de s’y retrouver dans l’offre de soins psychiques, on ne sait pas vraiment vers qui se tourner, on entend parler de psychiatres, de psychologues, de psychothérapeutes…

Le psychiatre est un médecin spécialiste de la souffrance psychique, habilité à poser un diagnostic et à prescrire des médicaments, des examens, des soins (dans certaines situations, il est indispensable de mettre en place un traitement médicamenteux de type anti-dépresseur avant d’entamer un travail thérapeutique).

Un psychologue n’est pas un médecin, il n’est pas autorisé à prescrire des médicaments. Il offre une écoute et un espace d’élaboration du vécu psychologique difficile afin qu’il s’intègre et prenne sens dans l’histoire personnelle du sujet.

Un psychothérapeute peut être psychologue ou psychiatre mais peut aussi être seulement affilié à une école de psychothérapie.

Se sentir bien dans sa tête est important, voire nécessaire à tous… et ça l’est sans doute encore plus quand vous devez prendre soin d’un petit bébé. Demander de l’aide est tout-à-fait normal, et ne renoncez pas avant d’avoir trouvé la bonne personne qui vous soutiendra."


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