Témoignage sur la prééclampsie : HELLP syndrom

« Je voulais raconter mon accouchement car je pense qu’en parler et le partager c’est pouvoir avancer car même encore 8 mois après pour moi c’est dur d'y penser ou d’en parler.

On a tous ce rêve celui de la rencontre de ce moment avec le papa et bébés, celui où la magie opère (je les vois, je sais que ce sont eux mes bébés, je suis maman, enfin le truc qu’on entend partout) mais pour moi rien de tout cela ne s’est passé comme dans mes rêves.

Enceinte de jumeaux par FIV après 5 ans d’attente, tout allait bien jusqu’à 31SA où là ma tension a commencé à augmenter. J’étais monitorée tout le temps et je faisais prises de tension et de sang.

Arrivée à 32SA, tension à 19 et hop hospitalisée en urgence pour une prééclampsie avec risque d’accouchement, et là tout se passe très vite : piqûre de corticoïdes pour leur poumons, les médecins de néonat qui passent, les anesthésistes, je ne comprends pas que nous sommes juste en train de gagner des jours et en effet, à 32SA+3, la nuit a été horrible. Mon fils m’a donné des coups toute la nuit. Quelque chose ne va pas, je le sais, je le sens. J’appelle une infirmière pour faire un monito et en effet ma puce ne va pas bien. On me dit d’appeler mon mari mais qu'il n’aura pas le temps d’arriver car dans maximum 30 minutes, ils seront là. Et dans ma tête rien ne va plus, mon mari venait de partir et il ne serait pas là à temps. Je vais être seule avec des gens que je ne connais pas pour vivre le soi-disant plus beau jour de ma vie ! Je ne pleure pas, je suis en apnée, je ne peux plus respirer ! Mais, et mon bel accouchement ! Celui pour lequel je me suis préparée chez la sage-femme. Et la santé de mes bébés, est-ce qu’ils vont être en bonne santé ?

En 20 minutes, je suis au bloc, préparée, césarienne d’urgence sous anesthésie locale. Par chance, je connais la sauveuse de mes loulous. Elle s’est occupée de moi pendant mes 4 premières FIV. Je reprends courage. Une gentille infirmière me prend dans ses bras pendant la péridurale et me tiendra la main jusqu’à la fin (je n’oublierai jamais cette personne, elle a été mon soleil ce jour-là). 10h11 : ma puce arrive, je ne la vois pas, les équipes de néonat l’emmènent à toute vitesse, elle ne crie pas.

10h13 : mon loulou arrive. Idem, une deuxième équipe l’emmène. Je ne vois rien, je ne sais rien, je pleure. On revient me voir, on me dit que ça va aller, on me demande leur prénom. Je ne les reverrai pas avant le soir normalement.

D'un coup, la pièce qui était remplie d'une dizaine (voire plus) de personnes se vide, je suis seule avec l’anesthésiste et les deux docteurs. Je suis tellement triste, je me sens seule. On me ramène en salle de réveil, mon mari arrive, il a pu voir nos loulous passer. Il pleure, il me dit qu'ils sont beaux et forts et qu'il ira les revoir dans une heure. De mon côté, alors que je me sentais plutôt bien, la situation dégénère, je vomis sans arrêt, j’ai chaud, j’ai froid, je suis bouillante, je fais une hémorragie, on me ramène au bloc, anesthésie générale. J’y resterai 3 heures. J’ai perdu la moitié de mon sang, il a fallu 4 heures pour stopper l'hémorragie. Je ne verrai pas mes bébés ce soir.

De retour en salle de réveil, les choses ne s’arrangent pas. Ma fonction rénale s’est effondrée, on m’a transfusé beaucoup de sang. Le lendemain, toujours pas d’amélioration, je n’ai toujours pas pu voir mes bébés et la nouvelle tombe. On me transfère dans un autre hôpital aux soins intensifs (je comprends que la situation est grave mais je ne partirai pas, je ne les ai pas vus ! ). Je pleure, je pleure tellement et ce jour, trois femmes fabuleuses me « kidnappent » en lit et me montent en néonat. J’ai le droit à 10 minutes avec eux. C’est ça ce dont on parle « The » moment. Je comprends enfin ce que c’est, je pleure, mon mari pleure, tout le monde pleure d’ailleurs ! Je suis maman !

Et puis les ambulanciers me transfèrent. Les cinq jours les plus longs de toute ma vie. Il faut que ma fonction rénale s’améliore et que ma tension baisse.

J'ai eu la forme sévère de prééclampsie avec HELLP syndrome, d’après les médecins. Je peux profiter de la vie, j’ai eu beaucoup de chance et mes bébés aussi. C’est une maladie qui ne pardonne pas ! Après 5 jours loin d’eux, je les revois enfin. Un mois de néonat et nous serons à la maison tous ensemble. Un mois à faire des allers-retours, un mois à espérer leur retour. Mais aujourd’hui, je me dis, j’ai de la chance, ils vont bien, je vais bien. On est tous les quatre ensemble et on est encore plus forts. Alors oui, je n’ai pas eu l'accouchement de mes rêves mais ce n’est pas grave, je vis mon rêve tous les jours, celui d’être maman et j’en profite à fond malgré les jours plus difficiles ❤️.

Aujourd’hui, neuf mois après, je suis encore fatiguée comme si mon corps n’avait pas encore tout récupéré, je ne vois plus comme avant, j’ai besoin de lunettes car j’ai eu un décollement de la rétine à cause de mon hypertension mais tout ceci n’est rien, je suis encore là et c’est ce qui compte !

Voilà j’espère que cela servira à d’autres femmes. Merci de nous écouter et de faire en sorte que cette maladie soit plus connue. »

#preeclampsie #hellpsyndrome #prema #bebepremature #neonat #maman #bebepoidsplume #accouchementenurgence #cesariennedurgence #cesarienne #superbebe #monpostpartum #mamanwarrior #mamanetbebe #grossessearisque #complicationsgrossesse #grossessecompliquée #proteinurie #hypertensiongrossesse #deuilperinatal #traumatisme #accouchementtraumatisant #grossessesante #temoignage #histoirevraie #truestory #reallife #vraievie #premature



© 2018 Grossesse Santé contre la pré-éclampsie