Témoignage sur la prééclampsie

« La prééclampsie, je l'ai connue il y a un peu plus de deux ans, lors de ma première grossesse. Celle-ci avait pourtant très bien débuté, en août 2017.

Lors de la première échographie, la sage-femme a noté la présence d'un notch sur une de mes artères utérines, qui nécessiterait d'être confirmé lors de la seconde échographie car pour le moment celui-ci n'avait aucune incidence sur la croissance de mon fils.

Arrivée à cette deuxième échographie, changement de discours de la sage-femme. Celle-ci se montre très froide et me dit qu'avec mon surpoids, je ferai forcément un gros bébé car selon ses estimations, il se trouve très en haut des courbes de poids. Elle insiste et me dit que je fais forcément du diabète gestationnel (toujours à cause de mon surpoids). Le notch est toujours présent, plus important qu'auparavant et la deuxième artère utérine commence aussi à faiblir. Cependant, elle me dit que ça n'a pas d'influence sur la croissance du bébé, ce qui, pour elle, renforce son diagnostic (les tests effectués depuis le début de la grossesse n'indiquaient pourtant rien de tel). Je dois la revoir trois semaines plus tard, pour vérifier que le notch et le « presque notch » n'évoluent pas. Ce sera confirmé, rien ne change par rapport au début du mois. Pas même sa promesse moralisatrice de me voir accoucher d'un bébé d'au moins 4,400kg.

Tous les tests mensuels et suivis sont au vert pendant les semaines qui suivent. Arrive mon dernier rendez-vous pour l'échographie du troisième trimestre, le 7 mars. Elle estime mon bébé à 2,500kg à ce moment-là.

Le 4 avril, la remplaçante de mon médecin m'appelle et me demande comment je vais. Je suis surprise, car elle semble inquiète et me pose tout un tas de questions sur des symptômes que je pourrais avoir (des étoiles dans les yeux ? Mal à la tête ? En haut du ventre ? Acouphènes ?). Je pense d'abord à une erreur, car je me sens parfaitement bien, mais très vite elle dissipe mes doutes. Les résultats de mes analyses biologiques sont revenus et ne sont pas bons. La protéinurie n'est pas inquiétante au point de devoir me rendre au cabinet pour une prise de tension mais assez mauvaise pour devoir prendre rendez-vous avec le service des Explorations Fonctionnelles de ma maternité.

En raccrochant, c'est la panique. Elle n'a pas su m'expliquer ce qu'était ce service, ce qui allait y être fait. J'en oublie même le nom et cherche désespérément le service des Fonctions Exploratoires sur Internet (sans succès, vous vous en doutez bien !). Après avoir soufflé un bon coup, je retrouve enfin le bon terme et obtiens un rendez-vous pour le vendredi suivant. Le vendredi 6 avril.

Je suis accueillie par une sage-femme adorable qui me rassure tout de suite sur ce qui m'attend cet après-midi : une analyse d'urine, un monitoring, des prises de tension automatiques pendant celui-ci. La première est une vraie catastrophe, je suis à 17 et des poussières. On la recommence car la sage-femme et moi étions en train de discuter. Quelques minutes de repos plus tard, nous recommençons. Elle est redescendue, alors commence mon monitoring. Je dois cliquer quand je sens mon bébé bouger et quand il arrête son mouvement.

Au bout d'1h30/2h, je suis reçue par un homme sage-femme qui fait le bilan. Ma tension est haute, mais tout juste à la limite. Donc résultat pas positif, pas négatif. La protéinurie est toujours au-dessus de ce qu'elle devrait être mais n'atteint pas des sommets non plus. Très précautionneusement, il m'explique que certes mes résultats ne sont pas catastrophiques mais ils restent malheureusement anormaux. Que je dois revenir lundi pour recommencer ces tests et qu'il faut que je me prépare à l'idée que je serai probablement déclenchée ce jour-là, étant donné que mon bébé serait officiellement déclaré comme étant à terme. Je repars avec un magnifique collecteur d'urines orange afin de faire un test sur 24h à commencer dimanche midi en vue de mon rendez-vous le lundi après-midi suivant. Je dois bien sûr surveiller les éventuels symptômes et aller aux urgences immédiatement si j'en ressens un.

Le lendemain, je suis au travail pour anticiper la répartition du travail de l'année suivante avec mes collègues. L'ambiance est détendue, je suis contente de les voir et de penser à autre chose. On plaisante parce que je croise une collègue qui a la réputation de faire accoucher les femmes enceintes (ah, si j'avais su !).

Le soir, j'ai un peu mal à la tête mais ce n'est vraiment pas grand-chose. Je vais m'allonger et m'endors pour la nuit. Je suis réveillée vers 2h30 du matin, avec l'impression que ma tête est une pastèque et que mes oreilles sont bouchées. Je me relève et je me rends compte que j'entends mal. J'ai à peine perçu les sons de frottement contre les draps par exemple. En panique, en pleurs, je réveille mon mari. J'entends ma propre voix comme de loin tellement mes oreilles sont compressées. Il essaye de me détendre mais je vois bien le stress dans son regard, quoi de plus normal après tout ?

Nous partons pour la maternité, ma tension n'est pas bonne. Je suis à 16/10. On me donne un médicament pour la faire baisser et on me déclenche 2 heures plus tard.

24h tout pile après, mon fils naît. Il mesure 47cm et surtout, fait 2,300kg. 200 grammes de moins que son poids annoncé un mois plus tôt.

J'ai assez mal vécu le fait d'être cataloguée à cause de mon poids par la sage-femme qui a opéré les échographies, comme si j'étais responsable de ce qui m'arrivait. Et je me demande aussi à quel point ses a priori l'ont faite passer à côté du retard de croissance de notre fils.

Notre chance à tous les deux, c'est que ma prééclampsie s'est déclenchée très tard dans ma grossesse. Mon bébé n'a pas connu la prise en charge pour bébé prématuré car il était considéré comme étant à terme et surtout il était très tonique malgré son tout petit gabarit.

En revanche, très peu de choses m'ont été expliquées quant à l'après prééclampsie. J'ai découvert par moi-même les risques à long terme, les questions posées par les éventuelles grossesses suivantes au gré de mes recherches internet... Moi qui voulais deux enfants, je me pose clairement la question du risque d'avoir un deuxième enfant, car c'est prendre sciemment le risque de PEUT-ÊTRE perdre un bébé ou de lui faire subir un accouchement prématuré (ou de mourir).

Oui mais, quelle est la taille de ce peut-être ?

Finalement, plus que la prééclampsie en elle-même, ce sont les doutes qu'elle a laissés en moi le jour de la naissance de mon fils qui m'ont stressée. Aujourd'hui je sais qu'il y a des moyens de réduire les risques de cette récidive alors l'idée de ce deuxième enfant me semble moins improbable. »

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