Témoignage sur la prééclampsie : la grossesse "d'après"

« Je m’appelle Justine, je vais vous raconter mon histoire en espérant pouvoir aider quelques couples qui ont vécu la même chose que moi et souhaitent tenter une deuxième grossesse après avoir vécu une prééclampsie.

Tout a commencé il y a maintenant deux ans.

Après six ans de relation et un an de vie commune, mon conjoint et moi avons décidé de fonder notre famille. J’ai donc arrêté ma contraception en avril 2017. À ma grande surprise, un mois plus tard j’étais enceinte. Nous étions tous les deux sur notre petit nuage. Nous avons donc passé notre écho de datation, j’étais enceinte de huit semaines. Quelques semaines plus tard alors que j’étais à deux mois de grossesse, nous nous sommes rendus aux urgences de la maternité car j’avais de gros saignements. Plus de peur que de mal, juste un hématome. Il me fallait beaucoup de repos. Ensuite ma grossesse se déroule très bien jusqu’à mes 24 semaines de grossesse. Un samedi soir alors que nous regardions la télé de violentes douleurs en haut de mon ventre m’ont empêchée de me lever. Avec mon conjoint nous pensions que bébé était mal placé. Mais au bout d’une heure, les douleurs étaient de plus en plus fortes, insupportables. Nous avons pris la décision de nous rendre aux urgences. Quand je suis arrivée aux urgences, personne ne s’inquiétait, tout le monde nous disait : « ce n’est pas grave, madame ». Sauf que lorsque l’infirmière m’a pris la tension, elle s’est vite rendu compte que mon cas était beaucoup plus grave que ce qu’elle ne pensait. Ma tension était de 17/12. C’est alors que le gynécologue de garde est arrivé et m’a dit : « Madame, vous allez accoucher aujourd’hui. »

Dans ma tête, les questions se bousculent…

On m’annonce ensuite que j’allais être transférée dans un hôpital de niveau trois.

Arrivée à ce fameux hôpital, une infirmière me dit : « Madame, vous êtes un cas très grave, votre foie, vos reins et peut-être votre cerveau sont touchés. »

J’étais sous le choc mais que m’arrive-t-il ?

C’est à ce moment précis qu’ils m’ont posé une question : « Madame, prenez-vous le risque d’attendre une semaine pour que votre enfant soit viable ou prenez-vous le risque de perdre votre vie ? »

La réponse immédiate, c’est mon enfant ou rien (il faut savoir qu’en France un enfant peut être réanimé à partir de 25 semaines d’aménorrhée). Je faisais donc une prééclampsie sévère avec un hellp syndrome. Ma vie était alors en jeu. Mais rien ne m’arrête. J’ai tenu jusqu’aux 25 semaines pile. Épuisée et est à bout de souffle car l’œdème entrait dans mes poumons. On m’a donc préparée à aller au bloc, césarienne en urgence. Mon fils est donc né le 19 octobre 2017 à 21h précises. J’ai entendu son petit cri, j’ai fondu en larmes. Ensuite je ne me souviens plus de rien. Le lendemain, je me réveille, j’étais alors en réanimation. Moi en réanimation, mon fils en réanimation néonatale, mon conjoint ne savait plus où donner de la tête. Je suis donc restée une semaine en réanimation. Personne ne savait si j’allais m’en sortir ou pas. Mais la seule chose qui me préoccupait était de rencontrer enfin mon fils. Au bout de quatre jours de réanimation, j’ai forcé les médecins à m’amener en réanimation néonatale. Ils me l’ont accordé mais m’ont accompagnée. Sous une couveuse, je découvre un minuscule bébé, il pesait 700g. Mon fils s’est alors alors battu pendant 26 jours. Mais à bout de force, il n’a malheureusement pas survécu. Ses poumons étaient fragiles. Nous étions tous les deux anéantis. Mais qu’avons-nous fait de mal ?

Quelques mois plus tard, je me suis remise sur pied avec mon bébé qui trottait tout le temps dans ma tête. Je passais jour et nuit à penser à mon bébé. Les médecins m’avait déconseillé une deuxième grossesse. Ils me disaient que si je tentais une deuxième grossesse, le même drame se reproduirait. Mais je ne me voyais pas vieillir sans enfant, impossible pour moi. J’ai donc réussi à convaincre mon conjoint d’essayer d’avoir un deuxième enfant. Plusieurs fois il m’a refusé et dit : « Non, ne te mets pas en danger une deuxième fois. » Je lui ai donc dit : « Je préfère mourir que de vieillir sans enfant. »

Quelques mois plus tard, j’ai enfin réussi à le convaincre. J’ai donc de nouveau arrêté ma contraception en novembre 2018. Avec la boule au ventre, je découvre en décembre 2018 que je suis de nouveau enceinte. Cette fois-ci c’est une petite fille. J’ai été suivie dans un hôpital de niveau trois avec une échographie tous les mois. Je faisais des prises de sang toutes les semaines, bandelette urinaire tous les jours. Les jours passent et aucun problème à l’horizon. Mais voilà à 25 semaines de grossesse, toujours avec le stress et la boule au ventre c’était l’étape la plus difficile de ma grossesse. Puis les semaines passent, j’arrive donc à 38 semaines de grossesse. Dernière échographie, on me propose un déclenchement car plus beaucoup de liquide amniotique. Deux jours plus tard ma fille est née. Un beau bébé de 3,100kg, aucun signe de prééclampsie à l’horizon. Je n’ai peut-être pas gagné un combat mais j’ai gagné la guerre et c’est le plus important pour moi. Mon petit garçon restera à jamais gravé dans mon cœur. Je l’aimerai toute ma vie. J’espère que mon message donnera de l’espoir aux couples qui ont vécu une prééclampsie et qui comptent avoir un deuxième enfant. Ne relâchez jamais vos efforts. »


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