Témoignage sur la prééclampsie : récidive d'HELLP syndrom

« Bonjour à toutes. Je fais partie de ces rares mamans qui ont connu une récidive de prééclampsie. Et pour rajouter encore un peu de noir à ce tableau, j’ai connu, pour chacune d’entre elles, l’une des complications graves de la maladie : le HELLP syndrom. Je souhaitais donc, à mon tour, vous raconter mon histoire, pour toutes celles qui se posent la question d’une nouvelle grossesse à la suite d’une prééclampsie. Mon histoire n’est pas forcément rassurante, et vous n’y trouverez pas de réponse car pour l’instant, nous n’en avons pas. Mais si c’était à refaire, je referai tout exactement de la même manière, car aujourd’hui, je suis une maman comblée avec deux petits garçons pleins d’énergie. J’ai également rejoint le combat de l’association Grossesse Santé avec ma sœur au travers d’un projet sportif, pour récolter des fonds au profit de l’association et permettre de développer la recherche sur ce sujet. Cet engagement n’effacera rien mais donne du sens aux choses.


En 2013, je tombe enceinte de mon premier petit garçon : une grossesse idéale. Mais à trois semaines du terme, tout bascule en quelques heures : tension haute, apparition de la barre épigastrique, vomissements. Je me retrouve à la maternité, on m’emmène au bloc, césarienne en urgence. Je fais un HELLP Syndrom : transfusion de plaquettes, 4 jours en service de réanimation.

J’ai malgré tout eu beaucoup de chance : mon fils était en pleine forme, je n’ai pas eu de séquelles. L’équipe soignante a été formidable et on m’a autorisée à voir mon fils malgré les restrictions strictes du service de réanimation. Les sages-femmes ont tout organisé pour que je tire mon lait et j’ai réussi à allaiter mon fils dès nos retrouvailles. Mais pourtant, comme beaucoup d’entre vous, je suis rentrée à la maison avec beaucoup de culpabilité, de tristesse, de fatigue et surtout, d’incompréhension. Tout cela était mêlé à la joie d’avoir mon petit bonhomme. Pour reprendre une phrase lue dans ces témoignages : « Quand le plus beau jour de notre vie devient le pire… »

À la suite de cet évènement, j’ai réalisé des examens cardiologiques et urinaires pour essayer de connaître la cause de l’apparition de ce HELLP syndrom. Rien d’anormal. L’analyse du placenta n’avait rien révélé d’anormal non plus. Comme c’est difficile de ne pas comprendre… mais à la fois, c’est plutôt rassurant.


18 mois plus tard, nous décidons d’avoir notre deuxième enfant. Nous connaissons les risques, mais je serai suivie et mon HELLP syndrom s’est déclaré très tard dans ma première grossesse. Le médecin n’est donc pas très inquiet. Rares sont les récidives.

J’ai vécu ma deuxième grossesse moins sereinement, et mes proches certainement encore moins que moi. J’étais très bien suivie au niveau médical : traitement à l’Aspégic dès le début de ma grossesse, de nombreuses échographies pour vérifier la croissance du bébé, échodoppler, prise de tension très régulière à la maison en plus des bilans médicaux, analyses d’urine… Je prenais soin de vérifier tous mes résultats moi-même dès réception sur internet pour ne pas perdre de temps dans le cas où les analyses présenteraient des dérives. Tout se déroulait très bien.


À 10 jours du terme, je me réveille dans la nuit, j’ai mal au ventre… mais ce n’est pas des contractions… Prise de tension immédiate à la maison : 14/9. On contacte la maternité, ils m’attendent immédiatement. Le tableau clinique n’est pas bon, la tension monte, des protéines sont présentes dans les urines. C’est reparti. Cette fois-ci, il y a moins d’urgence. La césarienne se passe très bien, nous sommes soulagés. Mais rapidement tout rebascule : je me sens mal, vomissements, baisses de tension, douleur atroce au ventre…. Je fais une hémorragie suite à la césarienne (peut-être dû au HELLP syndrom et à la baisse des plaquettes ? on ne le saura jamais…) Je repars donc au bloc, et je me réveille, une nouvelle fois en service de réanimation, après plusieurs transfusions de sang et un capitonnage de l’utérus.

Une nouvelle étape de reconstruction physique et morale m’attend. Tous les espoirs que je mettais dans cette nouvelle grossesse se sont envolés. Je n’« accoucherai » jamais… et je n’aurais pas de troisième enfant….


Aujourd’hui, 4 ans après cette deuxième épreuve, j’arrive enfin à tirer des points positifs de ces deux expériences. Je vois la vie sous un autre angle, même si le quotidien nous rattrape souvent très vite. J’ai confiance en la médecine et je suis sûre que nous trouverons bientôt des réponses. J’ai également découvert les médecines douces, qui m’ont beaucoup aidé à dépasser mes souffrances morales. Je vous les recommande à toutes pour vous aider à retrouver confiance en vous et à accepter votre histoire.


Et surtout : parlons de la maladie pour éviter à d’autres mamans de connaître cette situation, échangeons ensemble pour dépasser nos souffrances morales et nos culpabilités, et développons la recherche pour comprendre et faire face à la maladie ! Un grand merci à Céline de nous permettre de réaliser tout ça grâce à l’association Grossesse Santé. »

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