Témoignage sur la prééclampsie : deuil périnatal

"Bonjour, je viens de perdre ma fille à cause d’une prééclampsie 24 SA +5 jours. Tout s’est passé très vite car j’ai fait une prééclampsie sévère et ensuite hellp syndrom. Alors tout commence le 30 mai 2020. Nous emménageons dans notre nouvelle maison pour commencer une nouvelle vie à 3. J’aide à déballer des cartons mais je porte le moins possible. Je me sens très fatiguée et en fin de journée je vois mes jambes gonflées mais de vrais poteaux. Cela ne m’inquiète pas plus, nous allons nous coucher et dans la nuit je ne sens plus ma fille bouger. Je commence à me dire que j’ai fait trop d’efforts et là voilà des contractions.

Avec mon conjoint nous décidons d’aller aux urgences de la maternité. De là on me prend ma tension, 16/9, on l’a reprend une deuxième fois, 16/9. L’infirmière ou sage-femme - je ne sais plus - me dit qu’elle est très élevée mais me fait attendre dans une salle pour voir l’interne. J’attends pendant 2 heures avec des contractions que j’avais toujours. Voilà mon tour, je passe. L’interne regarde, ma fille bouge mais très peu à mon goût et je lui dis. Il me dit : « c’est normal » et me renvoie chez moi. Je n’étais pas rassurée mais bon, il me dit que tout va bien. Alors je n’insiste pas.

Quelques jours plus tard, mercredi, j’étais en formation car je suis en contrat professionnel. Je ne me sentais pas bien depuis samedi : très fatiguée, le visage gonflé, les mains gonflées, des mouches devant les yeux et mes jambes qui étaient toujours aussi gonflées. À la suite de ça, je décide d’appeler la maternité qui me dit de venir immédiatement. Ce que je fais immédiatement. Arrivée là-bas, on me contrôle la tension : 18/8. Tension trop élevée mais là je vois un gynécologue qui me dit : « on va vous hospitaliser 24 heures car votre col s’est modifié », et là, le cauchemar de ma vie commence. Pendant 48 heures, on me laisse dans l’ignorance. Moi je demande ce qu’il se passe, mon bébé bouge de moins en moins. Mais bouge. Pendant ce temps, on me fait des prises de sang, des analyses d’urines et le vendredi, un médecin passe me voir avec d’autres médecins et on m’annonce qu’ il y a des protéines dans mes urines et que je n’irai pas au bout de ma grossesse. Les médecins sont très peu optimistes car j’étais à 23 SA+5 et je devais tenir au moins jusqu’à 26 SA. Mon corps en a décidé autrement. Les médecins faisaient au mieux pour maintenir ma tension, mais elle grimpait de plus en plus. Le lundi, ils n’ont pas réussi à la contenir, j’étais arrivée à trois traitements et j’étais à 22 de tension, on me faisait des monito matin et soir et, arrive le soir où on me fait le monito et je ne comprends pas tout mais je vois cinq sages-femmes courir à mon chevet qui me disent qu’il faut que je monte d’urgence en salle de naissance. J’étais seule, mon conjoint au travail. Les médecins qui s’occupaient de moi m’ont dit que je pouvais l’appeler pour qu’il vienne immédiatement. Ils font des échos et des échos et le verdict tombe : mon bébé souffre et il faut prendre une décision. La décision la plus dure de ma vie : laisser ma fille dans mon ventre et lui donner encore quelques jours pour se battre ou faire une césarienne.

Mais les médecins n’étaient pas de cet avis. Mais le choix nous revenait. Nous décidons de suivre les avis des médecins car les pédiatres m’ont dit qu’elle aura beaucoup de séquelles et qu’on ne sait si elle tiendra le coup. Je suis remontée en chambre à 3h00 du matin, la nuit la plus longue tout comme les jours suivants – je n’ai même pas les mots pour les décrire. Le mercredi, je parlais à ma fille en lui disant : « maman se bat de toutes ses forces et je veux que tu te battes ma fille ». Le soir, on me fait à nouveau le monito et les sages-femmes n’arrivent pas trouver le cœur de ma fille. Ils décident de faire une écho et là on m’annonce que le petit cœur de ma fille s’est arrêté. Je n’ai même pas les mots pour exprimer ma peine et ma tristesse à ce moment-là, et on me programme pour accoucher le vendredi matin. J’ai accouché de mon bébé mort-né le 12 juin, de ma petite fille prénommée Séléna.

Aujourd’hui elle hante mes nuits et je n’arrive même pas à sortir de chez moi. J’ai tellement souffert et mon conjoint aussi mais que je le remercie d’avoir été là pour moi. Je me sens tellement coupable de ne pas avoir pu la protéger et surtout de rester dans l’ignorance de savoir ce qui a déclenché cette maladie chez moi. "

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