Témoignage sur la prééclampsie

« J'avais envie d'écrire mon histoire, tout d'abord, pour aider les autres et ensuite aussi pour m'aider, me libérer de ce poids. Vous serez mes premiers confidents car mes proches ont aussi souffert et que je préfère désormais les protéger et ne pas leur parler de ce que je ressens encore parfois.

C'était donc une deuxième grossesse avec un nouveau papa. Dès le début, je n'ai pu vivre sereinement cette grossesse car à l'échographie de datation on pouvait voir trois sacs gestationnels mais seulement un embryon, ce qui allait compliquer pas mal les choses, notamment le test de trisomie qui n'était pas bon. J'ai donc fait un DPNI (dépistage prénatal non invasif) qui s'est avéré négatif. OUF ! Soulagée mais seulement pour quelques temps. À l'échographie des 5 mois, on m'annonça un petit bébé (tout juste dans la courbe) mais pas d'inquiétude particulière. Puis tout s'enchaîna très vite le mois d'après, je fus hospitalisée un week-end après de mauvais examens urinaires (protéines dans les urines), on commença alors à me parler de prééclampsie, je n'avais jamais entendu ce mot ! Mais comme je ne faisais pas d'hypertension, on me laissa ressortir, tout en me demandant de venir à l'hôpital une fois par semaine pour vérifier ma tension, ma protéinurie et Bébé. La gynécologue décida aussi de me faire une nouvelle échographie et là ce fut le couperet ! Bébé n'était plus du tout dans la courbe et avait très peu grossi. On me parla d'amniocentèse car selon eux mon enfant pouvait être trisomique, ou avait la maladie des os courts, ou une autre maladie génétique, ils m'ont aussi parlé de nanisme. Nouveau coup dur ! J'étais à 30 semaines de grossesse. Avec mon conjoint, on a refusé l'amniocentèse, on accepterait cet enfant tel quel ! Puis la semaine d'après, les résultats de la protéinurie étaient carrément mauvais, il faut être en dessous de 0,12g/l, j'étais à 4g !!!! L'hôpital qui s'occupait de mon dossier m'a transférée directement dans une maternité de niveau 3. On m'a tout de suite expliqué que je n'irai pas au bout de ma grossesse, que mon enfant naîtra prématuré. On m'a injecté des corticoïdes pour faire maturer ses poumons. Ils ont maintenu ma grossesse quinze jours de plus, puis ils ne souhaitaient pas prendre plus de risques pour mon bébé, mon rein et ma vie. Le jour de l'accouchement, ma protéinurie était à 11g ! On m'a donc fait une césarienne, j'ai pu voir ma fille un court instant avant qu'ils ne l'emmènent en néonatalogie pour la brancher. Elle mesurait 39cm et pesait 1kg435. À cause de la césarienne, je n'ai pu aller la voir le jour-même, seulement le lendemain ! Et comme la malchance était toujours avec moi, j'ai fait un hématome sous la césarienne, du coup 48h après, on me ramenait au bloc et on m'opérait sous anesthésie générale. Ma fille a passé 5 semaines en néonatalogie. 6 mois plus tard, je suis encore suivi par le néphrologue.

Aujourd'hui je me reconstruis doucement car après ça, j'ai été licenciée pendant mon congé maternité (liquidation judiciaire) mais je garde à l'idée qu'après la pluie vient le beau temps ! Et que l'essentiel aujourd'hui, c'est que tout aille pour le mieux pour ma princesse. »


#preeclampsie #prema #hellpsyndrome #mumsupportingmums #grossesse #grossessesante


© 2018 Grossesse Santé contre la pré-éclampsie