Témoignage sur la prééclampsie : l'importance d'une bonne prévention

« J’étais enceinte d’un peu plus de 7 mois. Alertée par quelques signes inquiétants (tension haute et retard de croissance du bébé), mon obstétricienne m’a prescrit la visite d’une sage-femme afin de contrôler tout ça. Cette inquiétude m’a sans doute sauvé la vie et celle de mon bébé, car quand la sage-femme est venue pour la première (et seule) fois à la maison, elle m’a fait hospitaliser en urgence. J’avais 19/10 de tension et ma protéinurie lors de l’analyse d’urine mensuelle que j’avais faite la veille, était montée en flèche. Je suis donc partie à l’hôpital un peu inquiète mais sans vraiment me rendre compte de ce qui était en train de se passer surtout que je ne ressentais aucun symptôme.

Quand les médecins ont décidé de me garder en observation pour la nuit, mon mari est donc rentré à la maison. Vers 20h00, le médecin est venu m’expliquer que je ne sortirai pas de l’hôpital sans mon bébé mais que nous essaierons de le garder au chaud le plus longtemps possible, au moins une semaine. Quand il reste normalement un mois et demi, ce délai semble déjà très court !

Puis la situation n’a cessé d’empirer. Même si le personnel médical faisait tout pour me rassurer et ne mettait pas les mots sur ce qui était en train de se passer, je ressentais leur inquiétude et au fond de moi je savais que la situation était grave. Et les symptômes physiques commençaient à se faire sentir : maux de tête, la fameuse douleur épigastrique puis les vomissements. Au fil de la nuit, le délai est passé d’une semaine à quelques jours, puis au lendemain, puis vers 4 heures du matin à la césarienne de toute urgence. La situation me paraissait totalement irréelle.

Le passage au bloc était assez effrayant et angoissant surtout que j’étais seule, la gravité de mon état ne permettant pas au chirurgien d’attendre l’arrivée de mon mari. Pourtant toute l’équipe médicale était formidable, je me souviens très bien d’une infirmière anesthésiste qui m’a caressé la tête durant toute l’intervention. Mon mari est rentré dans le bloc au moment où notre bébé a été sorti de mon ventre. Le médecin l’a soulevé au-dessus du champ pour que je puisse le voir et il est tout de suite parti avec l’équipe médicale suivi de près par son papa !

La seule chose vraiment rassurante dans cette nuit si éprouvante c’est que la santé de mon bébé n’avait pas été encore mise en danger (ce qui aurait été le cas si cela n’avait pas été pris à temps).

Le reste de la journée m’apparaît dans un flou quasi complet, je me souviens juste de ne pas avoir pu voir mon bébé avant plusieurs heures et que c’était très douloureux. Je n’ai pu passer que quelques minutes avec lui, le verdict tombe : j’avais fait une prééclampsie sévère, mais le cauchemar n’était pas fini, j’étais en train de faire un HELLP syndrom... Je dois donc partir en soins intensifs pendant que mon bébé reste en néonat. Pendant 4 jours, nous sommes séparés et je ne peux le voir que quelques minutes par jour quand les puéricultrices de néonat me l’amènent avec mon mari, mais je ne peux même pas le prendre dans mes bras à chaque fois... Pour mon mari aussi cette période est éprouvante. Il passe ses jours et ses nuits à l’hôpital, partagé entre les soins de son fils en néonat et les visites à sa femme en soins intensifs. Il a été d’un courage et d’un amour qui forcent l’admiration ! Il a toujours été un roc pour moi et ne laissait rien de paraître de sa terrible inquiétude.

Quand j’ai été sortie d’affaire et que j’ai pu regagner ma chambre de la maternité, j’ai pu bénéficier d’une initiative absolument géniale : « l’unité kangourou », c’est-à-dire que le bébé reçoit toujours les soins de néonat (surveillance continue, cardioscope, sonde gastrique, berceau chauffant...) mais accomplis dans la chambre de la maternité avec maman et papa. Cela a été une chance formidable pour nous qui étions tellement pressés de nous retrouver enfin. Bref, nous sommes restés encore une quinzaine de jours à l’hôpital, le temps que je me remette et que bébé réussisse à manger et maintenir sa température tout seul. Honnêtement et très bizarrement, je garde un très bon souvenir de cette période car nous étions totalement entourés par une équipe médicale formidable et aussi tellement soulagés de nous être sortis aussi bien de ce si mauvais pas ! Je garde d’ailleurs une profonde admiration et même une grande tendresse pour tout le personnel hospitalier et ce, dans tous les services que nous avons fréquentés : je me souviendrai toujours de cette sage-femme qui m’a apporté le tire lait de la maternité en soins intensifs pour espérer mettre en route la lactation et me donner l’impression de faire quelque chose d’important pour mon enfant, ces deux infirmières de soins intensifs qui ont pris le temps de me laver les cheveux dans un sac poubelle sur mon lit alors qu’elles avaient dix patients compliqués à gérer, ces puéricultrices de néonat qui se sont occupées de mon bébé comme si c’était le leur et qui traversaient tout l’hôpital avec la couveuse pour que nous partagions quelques minutes, les médecins qui ont fait preuve d’une si grande bienveillance... Je pense que j’ai eu beaucoup de chance d’être entre les mains de personnes comme ça.

Je pensais m’être bien sortie de tout ça, pourtant quand je suis tombée enceinte de ma deuxième, la grossesse a pour moi était très dure. Malgré un suivi médical intense, j’étais très angoissée et déprimée. J'étais tellement persuadée que la prééclampsie allait revenir que j’ai très mal vécu cette grossesse. Heureusement, à la naissance, ce fut le grand soulagement !

Du coup, j’aurais 3 petits conseils pour les futures mamans :

- d’abord bien s’informer : sans virer à la paranoïa, je pense qu’il est important d’être au courant des principales complications de la grossesse pour ne pas tomber des nues quand vous apprenez que la prééclampsie n’est pas une maladie du 19ème siècle.

- Se surveiller et s’écouter : les analyses régulières paraissent un peu contraignantes (et parfois nous semblent même complètement inutiles) mais elles peuvent nous sauver la vie.

- Si par malheur le pire doit quand même arriver, il ne faut pas hésiter à avoir un bon suivi par la suite. Médicalement bien sûr car les séquelles physiques existent, mais aussi psychologiquement, pour pouvoir se reconstruire et ne pas vivre un cauchemar lors de la prochaine grossesse.

Admettre que le plus beau jour de sa vie est sans doute aussi le plus dur et le plus traumatisant n’est pas facile, mais c’est indispensable. »

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