Témoignage sur la prééclampsie avec HELLP syndrom (grossesse d'après) - (Amandine)

22 décembre 2020


À l’occasion des 16 ans de sa fille aujourd’hui, nous partageons le témoignage d’Amandine qui a vécu une pré-éclampsie accompagnée d’un HELLP syndrom à 33SA lors de cette grossesse d’après. Merci pour ce message d’espoir et un très joyeux anniversaire à Célia !


« C’est avec beaucoup d’émotions que je me replonge dans mes souvenirs, pourtant si frais , et je pense qu’ils le seront toujours... J’ai eu la chance de vivre une première grossesse idyllique, très jeune à 19 ans, un grand bonheur pour moi ! Une grossesse sans encombre et un accouchement à terme sans souci particulier. Trois ans plus tard, j’ai eu la chance de vivre ma deuxième grossesse, j’ai rapidement eu de grosses nausées qui m’handicapaient beaucoup, surtout dans mon travail. Contrairement à la première grossesse, je me sentais bizarre, pas à l’aise avec mon corps, comme si j’avais emprunté un corps qui n’était pas à moi. Migraineuse depuis mon adolescence, j’ai commencé à avoir des migraines rapprochées et assez sévères, sans trop de moyen pour les soulager. Les examens médicaux montraient un fœtus en bonne santé mais trop petit par rapport à la datation. Mon gynécologue m’avait demandé plusieurs fois si j’étais sûre de la date de mes dernières règles. Mais oui, j’en étais sûre et certaine. Au fond de moi je sentais que quelque chose clochait, et j’avais le pressentiment que ça n’allait pas s’arranger.


Au 6ème mois, mon gynécologue a décidé de me mettre en arrêt de travail, car mon bébé ne grandissait pas assez et ma tension était un peu élevée. Il a mis cela sur le compte de la route, du travail et de mon fils de 3 ans. Je l’ai écouté et j’ai fait tout mon possible pour me reposer. Au 7ème mois, on m’a fait passer un Doppler pour s’assurer que tout allait bien pour le bébé. Ils se sont alors rendus compte que le cordon de mon bébé ne possédait qu’une seule artère. Pour eux l’explication était là. Par chance, le bébé ne présentait pas d’anomalie mais, un retard de croissance. Deux semaines plus tard, j’ai profité d’un contrôle à l’hôpital pour parler de mes migraines et de mes ressentis. La sage-femme m’a dit que cela ne servait à rien de stresser et a marqué en rouge sur mon dossier « patiente stressée +++ » . Aujourd’hui je reste persuadée que son manque d’écoute était due à mon jeune âge…


Quelques jours après, un soir, j’ai commencé à avoir les oreilles qui bourdonnaient et mal au ventre, je me sentais mal mais impossible de nommer un endroit précisément, un mal-être total.

Je me suis allongée en me disant que ce n’était rien et en me disant que cela irait mieux le lendemain. Le lendemain, je me suis réveillée avec un mal de ventre affreux, comme un couteau planté en-dessous des côtes. J’avais terriblement mal à la tête et envie de vomir. J’ai appelé mon mari qui était déjà au travail pour lui dire et il m’a répondu qu’il rentrait pour m’emmener à l’hôpital.

Après avoir déposé le grand chez ses grands-parents, nous filons direction la maternité, mais j’étais loin d’imaginer ce que ce 22 décembre allait nous réserver...


Nous arrivons et je suis très rapidement prise en charge par une sage-femme qui me prend la tension. 22/11 !!! L’appareil se met à sonner dans tous les sens et elle s’affole en me disant de ne surtout pas bouger. Je vois un médecin arriver avec la sage-femme qui me demande de faire une bandelette urinaire. Bingo, positif, protéinurie dans les urines. De là tout s’enchaîne, on me dit que nous devons faire un Doppler de toute urgence pour voir si le bébé supporte la tension. On me glisse quand même dans l’oreille que la situation est grave.

Le Doppler est bon. Le gynécologue obstétricien qui s’occupe alors de moi me dit qu’il n’attendra pas et que mon bébé va devoir naître aujourd’hui. Je pleure et la sage-femme qui était avec moi depuis le début me demande si nous avons choisi un prénom. Je lui réponds oui, qu’elle s’appellera Célia et elle me dit que cela lui ira très bien. Cette femme, je ne lui dirais jamais assez merci car grâce à ses paroles et sa présence si bienveillante, elle a rendu ce moment si dur un peu moins pénible. Elle m’accompagnera d’ailleurs au bloc. Car on me prépare désormais pour le bloc opératoire pour une césarienne en urgence.

On me demande si le papa souhaite être présent et je réponds oui. Il est là et heureusement car on peut au moins surmonter cela ensemble.

On me fait une rachi anesthésie et l’anesthésiste ainsi que la sage-femme reste auprès de moi, me demande sans arrêt si ça va, si je n’ai pas envie de vomir. La sage-femme me montre du doigt des personnes avec une couveuse derrière une vitre. Elle m’explique qu’ils sont là pour mon bébé et qu’elle sera tout de suite prise en charge.


Célia naît à 10h51 ce 22 décembre. Elle ne pleure pas mais on me dit qu’elle respire seule, ce qui est une très bonne nouvelle pour un bébé de 33 semaines.

Elle part rapidement avec l’équipe et le papa. On s’occupe de terminer la césarienne et je me retrouve dans cette chambre quelques heures plus tard, vide, dans un service de maternité ou j’entends des bébés pleurer, des éclats de rire... Moi je n’ai qu’une envie, hurler mon désespoir.

Mon mari me ramène une photo et je vais pouvoir m’endormir un peu plus apaisée.

Le lendemain matin, une sage-femme me propose de m’emmener en fauteuil roulant jusqu’à la néonat. En discutant avec elle, elle me dit que j’ai fait une pré éclampsie accompagnée d’un HELLP syndrom. Je me retrouve alors devant ce bébé sur une table chauffante branchée de partout. En fait mon bébé est tout petit...40cm pour 1,410kg. Je suis choquée. Je pleure et la sage-femme me dit que je dois au contraire être heureuse, elle est là, elle va bien même si la route sera longue, et elle a surtout besoin de moi et de toutes les ondes positives qu’on pourra lui apporter.

Les semaines se suivront et Célia évoluera favorablement. Elle restera six semaines et son poids de sortie était de 2,230kg.

Aujourd’hui-même Célia a 16 ans. C’est une magnifique jeune fille pleine de vie, qui fait du tennis et de l’athlétisme, elle est en parfaite santé et est en première au lycée. »


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